TALITHA





 ︎ Histoire off, 15min (1989)

 ︎ Une manière de vivre (Travelling), 30min (1985)

 ︎ Un film raté (1983)

 ︎ De la vie des amateurs, 30 min, (1982)

 ︎ Pour une vie meilleure (1981)


︎NUMÉRISATION :

Numérisation menée par Talitha au sein du laboratoire Peliskan (Bruxelles) à partir des copies 16mm conservées par le cinéaste, 2025

Projet mené par Kenza Belarbi avec l’équipe de Talitha. 

︎ DISTRIBUTION : TALITHA
talitha.contact@gmail.com
















Les premiers films de Hamid Benamra


Originaire du quartier de la Glacière à Alger (il vit aujourd’hui en France), Hamid Benamra réalise ses premiers films dans les années 1980 en Super 8, et 16mm. Autodidacte, son école de cinéma est la Cinémathèque algérienne. Quand il arrive à se procurer une caméra, il commence à filmer la vie, les aventures et les errances des jeunes de son quartier. Il a 17 ans.

« L’objet c’était de se raconter, au cinéma. Le plus important étant de faire du cinéma, de filmer, quelles que soient les limites du sujet » (Les Deux Écrans, 1979)


Dans ses films, il met en scène sa passion du cinéma (des bains de pellicule, des sandwichs de pellicule) ou raconte le film en train de se faire, et se défaire. Il filme ses angoisses et ses espoirs, dans des séquences inventives et symboliques, mais aussi la vie, « les rues, les terrains vagues, l’ennui, l’absence tragique de perspectives, le contexte socio-culturel d’un groupe d’adolescents ». Ou encore des gestes de karaté, sa deuxième passion !

La critique Mouny Berrah (Les Deux Ecrans) écrit de La vie des amateurs qu’il contient « une belle et longue séquence d’interview qui montre que les enfants de Godard ont intelligemment essaimé aussi dans les banlieues d’Alger, saisissant au vol, leur rapport, son rapport au cinéma. »

Dès 1979 ses films sont montrés dans les cinémathèques d’Algérie, mais aussi au Festival des films Super 8 de Bruxelles, ou encore à Ouagadougou.

En 2024, nous lui proposons de numériser ces 5 premiers films, qu’il conservait toujours chez lui. L’association Peliskan (Bruxelles) – qui fait notamment un travail sur le Festival Super 8 de Bruxelles - nous accueille et rend possible cette numérisation 4K


︎LES FILMS


︎ Histoire off, 15min (1989)



“Benamra suggère et raconte. Il raconte l’histoire de sa passion pour le cinéma - le bain de pellicule, le sandwich à la pellicule, la strangulation par pellicule - et son amour pour l’ombre fugitive qui traverse l’écran de son rêve,. L’histoire d’une déception aussi, ou d’une impuissance forcée, celé de l’homme au chapeau, jusqu’à ce que tout s’allie pour convoquer et refuser la mort. Lors de sa présentation il y a quelques semaines au Musée du cinéma d’Alger, Benamara a tenu à rectifier son titre : « Histoire off » au lieu de « Voix off » en effet, car derrière toutes ses voix immatérielles, se déroule, le plus souvent en hors champ, l’histoire des passions et des angoisses de son auteur. Monté à partir des rushs d’un projet inabouti, il figure le rêve inachevé, ou plutôt l’idéal et la raison d’être de Benamara. » (Djamel Boukella)

︎ Une manière de vivre (Travelling), 30min (1985)



Ce film est présenté au festival du Film Amateur de Bruxelles en Novembre 1987.

« C’est le premier film algérien de sport : le karaté. « La morale du film c’est : pour se défendre, il ne faut pas avoir une arme, il faut l’être », nous dit Abdelhamid. Le rôle principal est interprété par Lazhar Bekkari, un étudiant à l’ITS de Constantine. » (Nacer Aissaoui « Je serai a Saïda et j’aurai le premier prix », Algérie Actualités)


︎Un film raté (1983)



L’envie de départ était de faire un peu de surréalisme, peut-être à cause de l’influence d’un cinéma russe avec beaucoup de symbole. Mais ils rencontrent beaucoup de problèmes pendant la réalisation, ils perdent les accessoires, n’ont plus de moyens : il faut abandonner le film. Mais Hamid souhaite finalement raconter le fait qu’ils ont raté un film. Encore un cinéma qui se raconte, ici dans un “excès de transparence”.


︎ De la vie des amateurs, 30 min, (1982)



Un groupe de jeunes s’organisent pour faire un film. Tourné avec de petits moyens, le film est l’histoire du film en train de se faire, la vie du cinéaste et de ceux qui, avec lui, ont voulu de se raconter avec leur caméra.

Le second film de Benamara est inspiré de La nuit américaine de Truffaut, et raconte comment à la Glacière, ses amis veulent se raconter. Il s’inspire du titre De la vie des marionnettes, de Bergman, même si dans sa tête, ils n’étaient pas des marionnettes. 

« Le film raconte l’histoire d’un groupe de jeunes amateurs avec « ses peines et ses joies ». La dernière séquence du film montre un jeune (interprété par Benamara lui même) qui dit à son ami : « J’aurai le premier prix ». C’était un défi. Et le film décroche le prix au festival de Medea. » (Nacer Aissaoui « Je serai a Saïda et j’aurai le premier prix », Algérie Actualités)


︎ Pour une vie meilleure (1981)



En 1975 l’Algérie organise les Jeux Méditerranéens et déploie une campagne dans Alger avec le slogan “Pour une vie meilleure”. Dès le départ Hamid Benamra veut parler de lui, montrer ses copains, et qu’on peut naitre dans le même socle mais prendre diverses directions. Ces quatre personnages aspiraient à une vie meilleure.

« Son film (leur film à eux quatre) est une tranquille et angoissante chronique de quelques adolescents qui tentent de saisir le sens de leur existence. Captant les diéfférentes personnalités des ses trois camarades (protagonistes du film), il en trace les traits spécifiques de chacun : l’un est taciturne, l’autre n’arrête pas d’étudier (ce sont les deux lycéens et ils ratent leurs examens), le troisième, prolixe et rappelant AL PACINO par moments, rêve d’intégrer la vie militaire car il ne trouve pas d’autres débouchés. La cité, le lycée, (et cette scène remarquable du professeur aux prises avec un élève qui sirotait tranquillement son café pendant le cours), la grotte, lieu du jeu et des rixes latentes (admirable bagarre sur les rails par la concision du geste et la véracité de l’interprétation), ces espaces qui leur sont trop proches nous sont restitués dans leur sordide apparence presque naturellement et sans artifice. » (M. Abdenour, « Troisième Festival du film amateur de Saida. Séquences et moments forts ». Algérie Actualités no820, 2-8 juillet 1981)




︎ARTICLES / RÉFÉRENCES 

︎ Entretien avec Hamid Benamra. Par Lazhari Labter

︎ PAR MOUNY BERRAH 

« En trois films, Pour une vie meilleure, De la vie des amateurs et Un film raté, avec des moyens dérisoires, avec un sens du cinéma étonnant, Abdelhamid Benamra interroge cet adjectif étroit dans lequel est enfermé certain cinéma, du vrai cinéma, du cinéma tout court: le cinéma amateur. En trois films, Benamra passe du documentaire à la fiction, sans bavures, si ce n'est celles inhérentes aux moyens techniques mis en œuvre. En trois films, il affirme sa maîtrise du récit, même empreint de références, d'ailleurs avouées et reven-diquées, et d'un symbolisme quelquefois naif, comme il affirme son souci d'inscrire ses récits plan par plan, avec un sens de la mise en scène parfaitement professionnel. Une constante : les trois films de Benamra mettent mal à l'aise. D'abord parce qu'ils disent ce que nombre de films algériens esquissent ou esquivent, selon le cas, ensuite parce que chaque image révèle, au premier niveau, un investissement authentique et productif. Benamra ne triche pas. Ni complice, ni complaisant, le regard posé sur la vie, la sienne, celle d'un adolescent de 1982 dans un quartier populaire d'Alger, est terriblement audacieux, en ce sens qu'il avoue la médiatisation de la caméra. La rue, les terrains vagues, l'en-nui, l'absence tragique de perspectives le contexte socio-culturel d'un groupe d'adolescents se dessine, gagne en netteté jusqu'à l'insupportable, Pas par le discours, par l'image. Belles séquences que celles où trois lycéens se disputent une glace, rue Didouche, ou encore celle du chahut dans une salle de classe qui, à elle seule, donne l'origine du malaise: l'in-communicabilité. C'est que ces jeunes ne se donnent pas à voir, ils se regardent et c'est quelquefois insoutenable parce que la façon dont ils vivent, dont ils se vivent, culpabilise. Celui là a le regard de Brando dans l'Equipée sauvage; ces deux là sortent de Duel au soleil. Et le duel a bien lieu, sous le soleil d'Alger; et il est mortel. Pour une vie meilleure est à aligner aux côtés des analyses et études sur la jeunesse. Il est à consulter en priorité.

De la vie des amateurs rompt tranquillement avec le documentaire, pour raconter l'histoire du film en train de se faire. A aligner avec tout ce qui a pu se dire ou s'écrire sur les conditions de la production cinématographique. A consulter en priorité, parce qu’il n’y met pas les formes, hormis celle de la mise en scène. Il y a là une belle et longue séquence d'interview qui montre que les enfants de Godard ont intelligemment essaimé aussi dans les banlieux d'Alger, saisissant au vol, leur rapport, son rapport, au cinéma. De la vie des amateurs est plein de trouvailles: une ouverture au noir, les indications muettes d'un metteur en scène, et ce cinéaste assassiné: Benamra va jusqu'au bout de chaque idée, jusqu'au bout de chaque émotion. Ce réalisateur qu'il interviewe - interprétant les deux rôles - est un faux. Mais il porte des Ray-Ban, Des vraies. » (Mouny Berrah, « Amateur », Les Deux Ecrans n°50, Novembre 1982, p.39)





︎REMERCIEMENTS :

Hamid Benamra, toute l’équipe de Peliskan



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