Carnet de Recherche / Note 2

ARCHIVES / CINÉMATHÈQUE ALGÉRIENNE / 16MM / ALI AU PAYS DES MERVEILLES


Projection de Ali au pays des Merveilles à la cinémathèque algérienne, du 1er au 17 octobre 1976 lors de la Quinzaine des films africains. 

Dans son ouvrage Le voile du Silence, Djouhra Abouda raconte cette séance spéciale du film Ali au pays des Merveilles à la Cinémathèque d’Alger. A cette occasion, plusieurs articles dans la presse, ainsi que dans un ouvrage dédié au cinéma algérien, reviennent sur le film : en voici quelques extraits. Suite à la projection, le film fut également acheté par la Télévision algérienne. 

Extrait de presse, Archives de la Cinémathèque Algérienne, CAC, Alger


︎ Plus d’informations sur le film


 

Extrait de Le Voile du Silence de Djura, Michel Lafon, 1990 :

1976 « Ali » au pays des Merveilles, ou Djura ? J’étais aux anges en effet. L’Algérie m’invitait à présenter ce film dans le cadre du festival panafricain, qui réunissait tous les cinéastes de l’Afrique. Je devais animer le débat qui suivrait la projection à la Cinémathèque algérienne. J’étais fière de pouvoir faire à mon tour ce que Godard, Robbe-Grillet et Fassbinder avaient fait avant moi, au même endroit. La cinémathèque algérienne, su réputée pour son public intransigeant ! L’algérie qui faisait appel à moi, alors que je m’y croyais inconnue !

(…)

Les applaudissement fusèrent de toutes parts. Je regardais la salle, tête haute, air décidé, courage de retour. Je regardais surtout là, où j’avais cru apercevoir mon frère. Etait il parti ? M’étais je trompée ? J’eus un soupir de soulagement quand le débat commença.

Aussitôt, un vieil homme enturbanné se leva. Je reconnus Momo, un des piliers de la cinémathèque, dont la critique était particulièrement redoutée. Un étrange personnage, Momo, respecté de tous malgré son originalité. Il était poète et il se produisait lui-même sur scène pour lire ses œuvres qu’il apportait dans un couffin, au milieu des oranges ! Cela ne l’empêchait pas de faire trembler les réalisateurs présents car il rendait toujours son verdict le premier, et celui-ci ne se révélait pas souvent tendre. Momo, en général, disait ce qu’il avait à dire, rapidement et précisément, puis partait. Le sort de l’œuvre jugée résidait dans ces quelques phrases car, la plupart du temps, le public suivait son avis. On imagine dans quel état je me trouvais quand il prit la parole.

-Le film de la sœur Djura, dit-il, est une formidable description de l’émigration. L’image de la fin est très réussie, très symbolique, où l’on voit ceux qui mangent les huitres, ceux qui les ouvrent et les présentent sur un tableau, et ceux qui les ramassent dans les poubelles. J’aime beaucoup ce film. Il tourna les talons et on le revit plus. Je l’aurais embrassé ! Il venait de dérouler pour moi le tapis rouge du succès. Le reste du débat fut très animé, dégénérant même un court moment, entre des clans opposés habitués à semer l’agitation.



La cinémathèque Algérienne, brochure de programmation, 1986 (photo d’illustration)
Archives de la Cinémathèque Algérienne, CAC, Alger





ALGER : le temps de la lassitude, Le Monde, Jeudi 4 novembre 1976, Ignacio Ramonet
Archives/Documentation Centre Pompidou, Musée National d’Art Moderne, Paris




“Djouhra Abouda et Alain Bonnamy proposent une autre perception des sons et des images de l’émigration et élaborent une déconstruction du documentaire politique“


Ignacio Ramonet, 1976







L’immigré dans sa quotidienneté 1976, R.C.
Archives/Documentation Cinémathèque Algérienne, CAC, Alger








Ali au pays des Merveilles par Wassyla Tamzali 
En attendant Omar Gatlato : regards sur le cinéma algérien, 1979 (ré-édition prévue, 2022), Wassyla Tamzali 




“Par des images rapides et saccadées ou soufain figées, la caméra de Djouhra Abouda nous donne un portrait exact, aigu de la ville de Paris et de ces “parisiens” malgré eux : les émigrés. Marquant une cassure avec le regard naïf, contemplatif et descriptif des autres films émigrés, cette jeune femme nous apporte pour la première fois des images intériorisées, conscientisées de ce phénomène très particulier : l’émigration “


Wassyla Tamzali, 1979



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